Optimiser le schéma de plantation pour réduire le désherbage manuel en maraîchage

Optimiser le schéma de plantation pour réduire le désherbage manuel en maraîchage

Marie Moerman - Auteur

La gestion de l'enherbement en maraîchage et cultures légumières est un défi en agriculture biologique. Différents leviers existent pour réduire la pression des adventices sur les cultures : le labour, le paillage,  l'introduction d'une culture (ou interculture) nettoyante dans la rotation, le faux semis ... L’adaptation du schéma de plantation est une des voies qui permet d’améliorer la gestion des adventices dans les parcelles.

Mais comment faire évoluer le schéma de plantation pour réduire le travail manuel de désherbage tout en améliorant la rentabilité économique des systèmes de production?

Introduction

La théorie préconise une répartition homogène des plants sur le sol, favorable à une meilleure interception de la lumière et à une meilleure valorisation des ressources du sol. Mais en pratique, en bio, cela peut compliquer la gestion des adventices. 

En augmentant l'espacement entre les rangs et la densité des plants sur chaque ligne, on optimise la couverture du sol sur la ligne et on facilite le travail de désherbage. Cette stratégie a fait l'objet d'un essai sur une parcelle d'expérimentation à Gembloux qui s'est avéré très prometteur.

Quel est l’impact du schéma de plantation sur la gestion de l’enherbement ?

L'impact du schéma de plantation sur la gestion de l'enherbement est un sujet qui reste peu documenté.

En voulant accroître le rendement par hectare, le premier réflexe consiste à diminuer l'espace entre les rangs afin d'augmenter le nombre de plants par m2. Cependant, pour pouvoir mécaniser au maximum les travaux de désherbage (binage, buttage…) pendant toute la saison de croissance, il est impératif de garder un espace suffisant entre rangs.

Quel choix faire entre ces deux options?

La question se pose donc: faut-il augmenter le nombre de rangs ou densifier le nombre de plants au sein d'un rang? Différents critères sont à considérer.

Mode de culture

La densité de plantation varie selon le mode de culture (conventionnel, bio, serre, plein champ…) et du type de débouché (marché de détail, marché de gros ou industrie). D’une manière générale, plus l’espacement est petit, plus il y a de rendement net avec un calibre plus faible.

Désherbage

L’arrangement spatial de la plantation peut influencer le temps de désherbage manuel. En effet, la difficulté réside dans l’entretien du rang de culture plutôt que dans l’entretien de l’inter-rang plus facile à biner mécaniquement.

A retenir toutefois: la stratégie de gestion des adventices doit être adaptée à son système de production de légumes, aux surfaces de production et au matériel disponible. 

Expérimentation en légumes plein champ

Une expérience menée durant plusieurs années au CRA-W montre les avantages d'un schéma de plantation de type "moins de rangs, plus grande densité dans le rang" en culture de betterave rouge et d'oignon jaune (Nieus et al., 2026).

Image
Alt text
Nom
Betteraves rouges en plein champs
Source
CRA-W
Copyright
Image
Alt text
Nom
Espacement inter-rang
Source
Copyright

Pour maintenir la même densité de plants à l’hectare par rapport à l'option qui prévoit l'augmentation du nombre de rangs, il est nécessaire de densifier les plants de légumes dans le rang. Cela présente l’avantage d’avoir moins de rangs à gérer. De plus, la culture ferme le rang plus rapidement et la progression des adventices sur le rang s’en trouve ainsi limitée.

En intensifiant le nombre de plants sur le rang (i) le sol est couvert plus rapidement ce qui limite la progression des adventices sur le rang, (ii) le nombre de rangs à gérer est réduit, (iii) l’espace entre les rangs augmente, pour faciliter le binage et buttage durant toute la saison de croissance de la culture. En outre, l’avantage de cette démarche est qu’elle ne demande ni intrants, ni coûts supplémentaires.

En diminuant le nombre de rangs, on maintient un espace suffisant entre les rangs. Ce qui peut également limiter fortement les dégâts de rongeurs grâce au travail mécanique maintenu en fin de saison par le buttage. D’autre part, l’aération des cultures semble nettement améliorée ce qui peut réduire le développement de maladies.

 

 

 

Remerciements adressés à Clément Nieus du CRA-W pour la relecture de la fiche.