La pratique du topping pour la gestion des refus

La pratique du topping pour la gestion des refus

Marina Dmitrevsky - Autrice technique

Qu'est-ce que le topping?

C'est une des techniques permettent de gérer les refus de pâturage et d’optimiser la production d’herbe pâturée. Le « topping » est ici entendu comme une fauche de pré-pâturage.
Le « topping » est une technique principalement utilisée en système de pâturage tournant pour les bovins, plus fréquemment en production laitière (besoins plus élevés et plus d’exigences sur la qualité du couvert), mais elle présente également un intérêt en production allaitante, selon les besoins à couvrir du lot. 

Elle consiste en une fauche avant pâturage sur des parcelles dont le couvert est hétérogène (hauteur, refus), ou lorsque l’herbe est en excès et à un stade avancé, sans pour autant vouloir débrayer la parcelle afin de la conserver dans le circuit de pâturage après le pic de pousse. Ci‑dessous, nous nous intéressons principalement au « topping » utilisé pour gérer les refus et l’hétérogénéité du couvert pendant la saison de pâturage.

Intérêts du topping sur la qualité de la prairie

La fauche réalisée lors du « topping » se fait à l’échelle d’une parcelle avant leur entrée. La coupe d’une faucheuse classique étant plus nette, cela améliore aussi la vitesse de repousse par rapport à un broyage. Cela permet de repartir à zéro (ou presque), avec une parcelle qui redémarrera de manière plus homogène et rapide

Le broyage, quant à lui, reste localisé après la sortie des animaux et aura tendance à abîmer les plantes, à laisser davantage de biomasse morte au sol, au risque d’étouffer les repousses d’herbe et notamment de légumineuses. 

La fauche permet également de participer au contrôle des adventices, notamment les chardons, le rumex et les orties. Ces deux dernières peuvent être consommées après avoir été fauchées et légèrement préfanées, alors qu’elles sont généralement refusées sur pied. 

Par ailleurs, le délai entre la fauche et la consommation permettent de réduire la moindre appétence des zones de refus (liée notamment au stade de l’herbe et à la présence de souillures). Un léger préfanage conduit donc à une augmentation de l’ingestion de la matière sèche disponible.

Image
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Nom
Prairie fauchée pour faire un topping (c)Biowallonie
Source
Copyright
A gauche, parcelle a été fauchée pour un "Topping", à droite la parcelle hétérogène avant fauche (risques de refus)

Mise en œuvre 

La fauche doit être réalisée : 

  • quelques heures avant le pâturage (préserve la valeur alimentaire du fourrage). 
  • Possible de faucher la veille (sans dépasser 24 heures) 
  • Une faucheuse classique : préférable qu’elle ne soit pas équipée d’un conditionneur.
  • Il n’est pas pertinent économiquement de multiplier les passages en mobilisant un andaineur spécifique,
  • Le regroupement en andains (limite le tri des animaux et facilite la consommation du fourrage fauché). 
  • La hauteur de coupe : autour de 5 cm lorsque le plateau de tallage a été maintenu bas grâce à un déprimage en début de saison (doit permettre de conserver un résiduel vert sur la parcelle). 
  • Choix des parcelles à faucher: 
    • celles qui, au tour précédent, présentaient des refus et des hauteurs d’herbe hétérogènes (haut des touffes d’herbe n’était plus consommé),
    • parcelles avec un stade végétatif un peu plus avancé (montaison) car moins appétentes (plus dures et/ou plus d’amertume). La conséquence serait des zones autour qui risquent d’être surpâturées et dégradation du couvert. 

 

La réussite de la pratique dépend toutefois de la densité du couvert : 

  • un fourrage trop grossier ou trop fibreux, 
  • une biomasse trop importante au sol 
  • des conditions trop humides 

Tout cela peut limiter la consommation après fauche. 

POINT d'ATTENTION le coût : le « topping » ne doit pas être systématique, car cela augmente vos coûts !

Le coût du « topping », estimé autour de 30 €/ha en 2020, peut atteindre en 2026: 35 à 45 €/ha (rapport coût du passage/ quantité de MS relativement élevé). Il reste généralement inférieur à celui du broyage (autour de 60 à 70 €/ha). 

=> La présence importante de refus doit avant tout interroger la conduite du pâturage. Des ajustements du système peuvent être nécessaires.